L'origine de la fête

Dès le Haut Moyen Âge, la liturgie avait accentué l’aspect théâtral des rites religieux chrétiens. La population dans son ensemble étant illettrée, il fallait trouver d’autres moyens que le texte, pour instruire les fidèles et graver dans les esprits des attitudes conduisant à la prière.

C’est ainsi que les vitraux racontent l’Évangile tout en laissant entrer la lumière sous les sombres voûtes de pierre. Aussi, des scènes tirées des Saintes Écritures sont-elles jouées sur le parvis des cathédrales et c’est la naissance du théâtre dans l’Occident chrétien. De plus, des cortèges de saints personnages étaient organisés pour préparer la célébration liturgique. Ils coïncidèrent rapidement avec des manifestations laïques accompagnées de réjouissances populaires.

A Fribourg, c’est le cas du cortège des jeunes filles, à la Sainte-Catherine (25 novembre), ou de la Marche à l’Étoile qui déroulait ses fastes militaires et ses astuces mécaniques sur la Place Notre-Dame à l’occasion de l’Épiphanie.

C’est le cas aussi du Cortège de la Saint-Nicolas, qui tire ses origines d’une grande foire bien plus ancienne, qui avait lieu au début de l’hiver et qui était appelée fort justement «Foire aux étrennes». Habituelle à l’époque dans tout chef-lieu commerçant, elle ressemblait fort à ces «Marchés de Noël» que l’on fait revivre un peu partout à l’heure actuelle. La cohabitation d’une foire et d’un cortège religieux ne fut pas facile : les excès de l’une faisant du tort à l’autre. C’est ainsi qu’un édit du Petit Conseil de Fribourg, du 3 décembre 1764, frappa d’interdit «toute céleste présence parmi les excès des ivrognes et les débordements moraux entraînés par les mouvements d’une foule commerçante en goguette». Il fallut attendre 146 ans jusqu’au jour où...

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